L’Eglise orthodoxe éthiopienne revendique sa descendance du Roi Salomon
”Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem, comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon. Ne prenez pas garde à mon teint noir: c’est le soleil qui m’a brûlée. Les fils de ma mère se sont irrités contre moi, ils m’ont faite gardienne des vignes. Ma vigne, à moi, je ne l’ai pas gardée”.
Extrait du Cantique des Cantiques 1. La Bible
Antérieure à l’arrivée des missions européennes chrétiennes en Afrique, l’église orthodoxe d’Ethiopie ne doit rien à l’Europe. Elle emprunte aux églises syriaques et à l’église copte d’Egypte, porte des traces d’influence du judaïsme et se réclame de la descendance du Roi Salomon. De tradition oeucuménique, l’Ethiopie abrite la première mosquée en terre africaine, Al Nejashi. La junte léniniste-marxiste du Derg, au pouvoir de 1974 à 1991, a mis fin au statut de religion d’État du christianisme éthiopien orthodoxe. A sa chute, l’Éthiopie est restée un pays laïc.
Aujourd’hui, l’Église orthodoxe d’Ethiopie maintient son influence mais lutte face à la concurrence de missionnaires évangéliques et à la montée de l’islam radical.
La Jérusalem noire parait encore plus mystérieuse sous la pluie
Sous la pluie, Lalibela, l’ancienne capitale de la Jérusalem noire parait encore plus mystérieuse. Ses 11 églises rupestres dissimulées dans la roche volcanique lui valent d’être vénérée comme haut lieu du christianisme copte éthiopien. Chaque fidèle est tenu d’y réaliser au moins une fois dans son existence un pèlerinage.
Avant de pénétrer dans l’église rupestre Debra Sina, une pèlerine drapée dans sa toge se déchausse puis embrasse la pierre encadrant l’embrasure. L’église est composée de cavités taillées dans la pierre rouge aux aspérités polies par des siècles de dévotion. L’église communique avec celle de Golgotha, interdite aux femmes. De nombreuses églises orthodoxes sont interdites aux femmes depuis la destruction par la reine guerrière Judith, au Vème siècle après JC, des églises du royaume.
Sur les contrebas du village se laisse deviner au fond d’un précipice, majestueuse, l’église cruciforme Bete Giyorgis. Un moine me montre dans son petit atelier ses représentations de scènes bibliques peintes sur des peaux de chèvre. Il transmet son savoir à de jeunes élèves-moines.
A la recherche d’une trace de la Reine de Saba à Aksoum
Après la Jérusalem noire, dirigeons-nous vers Aksoum, autre cité mythique et biblique. Aksoum est une autre ancienne capitale d’Abyssinie. Selon une légende encore prégnante, c’est dans le monastère de Sainte-Marie de Sion d’Aksoum que serait conservée l’Arche D’alliance ramenée de Jérusalem par le Prince Menelik 1er, fils du Roi Salomon et de la Reine de Saba.
Le Lac Tana, un sanctuaire pour les monastères
Lac Tana, au nord-ouest de l’Ethiopie. La plus imposante étendue lacustre d’Ethiopie donne naissance au Nil bleu. Ses nombreuses îles offrent un sanctuaire à des monastères.
Mont Entoto, non loin d’Addis Abeba, un lieu de guérison pour les pèlerins
En route maintenant pour Addis Abeba, capitale moderne d’Ethiopie presque dénuée de vestiges.
Sur le mont verdoyant Entoto, à une demi-heure de route de la capitale, l’Empereur Ménélik a fait construire en 1882 l’église Sainte Marie. Depuis lors, les malades affluent vers ce lieu pour implorer leur guérison.
En cette journée pluvieuse et fraîche de juillet, de nombreux pèlerins dissimulés sous leur toge se prosternent, agenouillés, devant des icônes de la Vierge Marie dans la cour de l’église.
La saison des pluies fait rage depuis plusieurs jours. Brutalement surgit une averse. Les pèlerins quittent précipitamment la cour pour s’abriter.
Les terres de la Jérusalem noire offrent bien d’autres lieux encore de foi orthodoxe.